20 août 2026 · 7 min de lecture
Contrat d’agent commercial : mandat, commission, préavis, indemnité
Le contrat d’agent commercial n’a rien d’obligatoire par écrit, et pourtant s’en passer est une erreur, pour l’agent comme pour la marque. C’est ce document qui fixe le territoire, le taux de commission, la durée et, surtout, ce qui se passe le jour où la collaboration s’arrête. Voici les clauses qui comptent vraiment, et ce qu’il faut vérifier avant de signer.
Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil juridique. Pour rédiger ou relire un contrat, faites-vous accompagner par un avocat ou un juriste.
Un mandat d’intérêt commun, encadré par la loi
L’agent commercial est défini par les articles L134-1 et suivants du Code de commerce. Sa relation avec la marque est un mandat d’intérêt commun : les deux parties ont intérêt à développer la clientèle ensemble. Ce statut donne à l’agent des protections spécifiques que n’a pas un simple prestataire, à commencer par l’indemnité de fin de contrat (voir plus bas). Le contrat peut être verbal, mais l’écrit évite l’immense majorité des litiges.
L’objet, le secteur et l’exclusivité
Trois points à cadrer d’entrée :
- Les produits et les marques couverts par le mandat.
- Le secteur confié : géographique (une région, des départements) ou une catégorie de clientèle.
- L’exclusivité : le secteur est-il réservé à l’agent ? La marque peut-elle y vendre en direct, et avec quelles conséquences sur la commission ?
La commission : le cœur du contrat
C’est la partie à ne jamais laisser floue :
- Le taux et l’assiette : quel pourcentage, calculé sur quel montant.
- Le moment d’acquisition : la commission est-elle acquise à la commande, à la livraison, ou au paiement du client ?
- Les commandes indirectes : l’agent touche-t-il sur les commandes passées directement à la marque par un client de son secteur ? Le Code de commerce (L134-6) le prévoit, mais le contrat précise les modalités.
Pour aller plus loin sur ce point, voyez notre guide sur le taux de commission d’un agent commercial.
La durée et le préavis
Le contrat est à durée déterminée ou indéterminée. En cas de contrat à durée indéterminée, la loi impose un préavis minimum en cas de rupture (L134-11) : un mois pendant la première année, deux mois la deuxième, trois mois à partir de la troisième année. Le contrat ne peut pas prévoir de préavis plus court.
L’indemnité de fin de contrat : la clause qui change tout
C’est ce qui distingue l’agent commercial d’un simple apporteur d’affaires. À la cessation du contrat (sauf faute grave de l’agent ou rupture à son initiative), l’agent a droit à une indemnité compensatrice en réparation du préjudice subi (L134-12). En pratique, l’usage l’évalue souvent autour de deux années de commissions brutes, sur la base de la moyenne des dernières années, même si la loi parle de réparation du préjudice, pas d’un forfait.
Deux points cruciaux : l’agent doit réclamer cette indemnité dans l’année qui suit la fin du contrat, sous peine de perdre son droit ; et pour la marque, c’est un coût de sortie à anticiper dès la signature. C’est d’ailleurs l’une des grandes différences avec le VRP, que nous détaillons dans agent commercial ou VRP : quel modèle pour distribuer votre marque.
La clause de non-concurrence
Si le contrat interdit à l’agent de travailler pour la concurrence après la fin de la collaboration, cette clause obéit à des règles strictes (L134-14) : elle doit être écrite, limitée au secteur géographique et aux produits confiés, et ne peut excéder deux ans après la fin du contrat. Une clause trop large est inopposable.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer
Côté agent : le secteur et l’exclusivité sont-ils clairs ? Le taux et le moment d’acquisition de la commission sont-ils précis ? La clause de non-concurrence est-elle raisonnable ?
Côté marque : le périmètre du mandat est-il bien délimité ? Le coût de sortie (préavis + indemnité) est-il anticipé ? Les objectifs et obligations de reporting sont-ils formalisés sans créer un lien de subordination (qui requalifierait le contrat en salariat) ?
Le contrat pose les règles, l’outil les applique
Une fois signé, le contrat vit chaque mois : le territoire attribué, le taux de commission, l’assiette. Le piège classique, c’est de tout laisser dans le contrat et de recalculer les commissions à la main dans un tableur, avec les écarts et les litiges qui vont avec. Faire vivre les termes du contrat dans un outil qui calcule les commissions automatiquement, côté agent comme côté marque, c’est ce qui évite que le contrat et la réalité divergent.
En résumé
Un bon contrat d’agent commercial cadre le secteur, la commission, la durée, le préavis, l’indemnité de fin de contrat et la non-concurrence. C’est autant une protection pour l’agent qu’une gestion du risque pour la marque. Rédigez-le par écrit, faites-le relire, et faites-le vivre dans un outil plutôt que dans un tableur. Pour piloter la relation au quotidien, découvrez Kardinal ou demandez une démo si vous animez un réseau.
Essayez Kardinal gratuitement
Toutes vos marques, clients, commandes et commissions au même endroit. 15 jours gratuits, sans carte.
Démarrer mon essai